Arrêter la dérive des dépenses de santé pesant sur les entreprises
Publié le 05 juin 2026
La France est le 2e pays d’Europe qui dépense le plus pour la santé, avec 11,5 % du PIB contre 10,4 % en moyenne dans l’UE. Les dépenses ont fortement augmenté sur la dernière décennie, tirées par les maladies chroniques qui expliquent 71 % de la progression entre 2015 et 2023. Pourtant, la qualité des soins n’est pas meilleure qu’ailleurs selon l’OCDE. La France dépense donc davantage sans obtenir de résultats supérieurs. Ce décalage entre moyens et résultats interroge l’efficience du système.
Les entreprises financent une part plus importante du système de santé que dans la plupart des pays développés, via les cotisations employeurs et les complémentaires obligatoires aux complémentaires. Ce poids pèse sur la compétitivité et le coût du travail.
La hausse structurelle des dépenses, alimentée par le vieillissement, met à l’épreuve la pérennité du modèle. Il sera de plus en plus difficile de financer les besoins supplémentaires tout en maintenant la quasi-gratuité des soins pour les patients.
Pour endiguer cette dérive, il faut mieux organiser le système : développer la prévention, utiliser davantage les outils numériques, mieux suivre les patients chroniques, améliorer la coordination des soins et responsabiliser l’ensemble des acteurs.