Rupture des rapports de force mondiaux
Publié le 20 mai 2026
Au début des années 2000, l’Union européenne était le principal fournisseur de près de 60 % des pays du monde. Les États-Unis l’étaient pour environ 28 % des pays, et la Chine pour à peine 10 %. L’Europe dominait alors sans conteste le commerce mondial.
En vingt ans, la bascule est spectaculaire. La part des pays dont la Chine est le premier fournisseur a été multipliée par cinq, passant de 10 % à plus de 50 % en 2024 : depuis, la Chine ne cesse de creuser l’écart. Les États-Unis restent stables, autour de 25 %.
Cette progression chinoise s’est faite presque intégralement aux dépens de l’Europe, dont la part a chuté de 60 % à environ 30 %. En Asie, en Afrique et en Amérique latine, la Chine a supplanté l’Europe grâce à des politiques industrielles et commerciales offensives et à une compétitivité-prix redoutable.
La mondialisation n’a pas effacé les rapports de force : elle leur a donné une nouvelle carte. L’Europe a perdu sa position de premier partenaire commercial d’une majorité de pays du monde, ce qui affaiblit son influence diplomatique et sa capacité à défendre ses intérêts.
Dans cette compétition durcie, l’Union européenne ne préservera sa souveraineté qu’en redevenant plus compétitive. Sans gains de productivité, sans base industrielle solide et sans capacité à projeter ses intérêts, l’indépendance stratégique restera un objectif proclamé, non une réalité.
Part des pays dont le principal partenaire d’importation est les États-Unis, l’Union européenne ou la Chine
en pourcentage