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Une préférence collective à redistribuer plutôt qu’à produire

Publié le 19 mai 2026

La France consacre 32 % de son PIB aux dépenses sociales, un quasi-record en Europe. Près des deux tiers des dépenses publiques sont des transferts sociaux, principalement des pensions de retraite. Pourtant, 10 millions de Français vivent toujours sous le seuil de pauvreté.

La redistribution réduit les inégalités de manière spectaculaire. Avant transferts, les 10 % les plus modestes perçoivent 5 800 € par an ; après transferts, ils reçoivent 26 600 €. Après redistribution, le niveau de vie élargi moyen des 10 % les plus aisés est 3,5 fois plus élevé que celui des 10 % les plus modestes, contre 26 fois avant transferts.

Mais ce système massif de redistribution repose sur une base productive insuffisante. La France redistribue beaucoup, mais ne crée pas assez de richesse pour financer durablement ce modèle. Le jeu n’a pas besoin d’être à somme nulle : mieux vaut agrandir le gâteau que de se concentrer uniquement sur son découpage.

Sans création de richesse supplémentaire, la pression fiscale nécessaire au financement des transferts freine l’emploi, l’investissement et la compétitivité — tout en pesant directement sur le pouvoir d’achat des salariés, ce qui limite la consommation et donc la dynamique économique, alimentant un cercle vicieux de faible croissance et de besoins sociaux croissants.

Pour rééquilibrer le modèle, il faut ralentir la progression de la dépense sociale, accroître le taux d’emploi (notamment chez les jeunes et les seniors), alléger la fiscalité sur le travail et réformer le financement de la protection sociale pour libérer le potentiel productif.

Revenu avant et après redistribution par déciles de niveau de vie en 2023

en milliers d’euros

Source : Insee, 2024

La France consacre 32 % de son PIB aux dépenses sociales ; un quasi-record en Europe. Pour autant, le taux de pauvreté ne diminue pas.