Accéder à des fonds propres pour financer la croissance
Publié le 30 mai 2026
Les ménages américains investissent 66 % de leurs actifs financiers en actions d’entreprises, sous toutes formes (actions directes, fonds d’investissement, fonds de retraite). En France, cette proportion n’est que de 19 %, la plus faible parmi les grandes économies. L’Allemagne et la zone euro se situent à plus de 20 %.
Cet écart s’observe dans tous les canaux : les fonds de retraite représentent près de 20 % de l’épargne aux États-Unis contre 4 % en France, les actions directes 14 % contre 8 %, et les fonds d’investissement 12 % contre 3 %. Ce décalage se traduit par une mauvaise allocation : l’épargne française abondante est insuffisamment dirigée vers le financement en fonds propres des entreprises, que ce soit via le private equity ou les marchés cotés.
Ce déficit de fonds propres a des conséquences concrètes. Les entreprises françaises, moins bien capitalisées, disposent de marges réduites pour investir dans la R&D, la transition environnementale et la transformation digitale — trois domaines qui exigent des engagements lourds et de long terme.
Mobiliser davantage l’épargne française vers les fonds propres des entreprises est un levier majeur de puissance économique. Cela suppose d’adapter la fiscalité de l’épargne, de développer les fonds de retraite par capitalisation et de renforcer l’attractivité des marchés de capitaux européens.