Rupture climatique
Publié le 15 mai 2026
Les investissements bas carbone sont passés en France d’environ 60 milliards d’euros en 2015 à un peu plus de 100 Md€ en 2025. Cette progression est notable mais insuffisante : pour atteindre la trajectoire de décarbonation, ils devront atteindre 160 Md€ en 2030.
L’effort doit porter sur tous les secteurs. Les bâtiments, les transports, l’énergie et l’industrie doivent tous accélérer massivement. Les projections montrent que les transports et l’énergie concentreront les besoins d’investissement les plus importants dans les dix prochaines années.
À l’échelle européenne, l’écart est comparable : les investissements dans le système énergétique doivent passer de 250 à 565 Md€ par an. Le défi de financement est donc considérable et menace la crédibilité des engagements climatiques.
Au-delà du climat, la transition constitue un enjeu de puissance industrielle. Les États-Unis et la Chine sont très offensifs pour capter la demande en technologies bas carbone, notamment sur les batteries, le solaire et l’hydrogène. Accélérer les investissements suppose une articulation efficace des instruments (prix carbone, normes — notamment bancaires, soutiens publics) et des conditions de concurrence équitables pour les entreprises européennes engagées dans la décarbonation.